335 Comme un désert traversé

que notre carême soit comme un désert traversé, une tentation vaincue, une vie nouvelle accueillie

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Edito du 18/2/2018

La figure du désert occupe une grande place dans la Bible et le temps du carême est présenté comme un temps de désert.

Le désert est un lieu fondamentalement inhospitalier. Trop chaud, trop froid, trop sec pour que la vie puisse s’y développer. Ce n’est pas un lieu pour l’homme ; le désert est un lieu que l’on traverse pour aller d’un point à un autre, pas un lieu où l’on s’installe durablement. Il ne fait pas bon rester là…

Nous ne sommes pas censés nous installer dans le désert mais le traverser. C’est un lieu de passage. Et qui dit passage, dit déplacement, transformation. Dans le désert, on ne réside pas, on passe. Vous savez bien que « Pâque » signifie passage.

C’est sans doute pour cette raison que le désert est souvent présenté dans la Bible comme le lieu de la transformation intérieure. Aller d’un point à un autre comme on passe d’un état à un autre : un déplacement géographique qui suggère un autre déplacement. A l’image de ces mutations profondes par lesquelles nous passons à certains moments de nos vies. Pour vivre un deuil quel qu’il soit, pour entrer dans un nouveau projet, une nouvelle phase de vie, il nous faut quitter un « lieu », mourir à ce que nous étions pour accueillir ce que nous deviendrons. Le désert est ce lieu intermédiaire, ce passage auquel on n’échappe pas, « lieu » aride et austère, entre l’ancienne terre et la terre promise. Lieu d’incertitude : nous savons ce que nous avons quitté, nous ne connaissons pas encore ce qui nous attend.

C’est en cela que le désert est le lieu de la foi, de la confiance ; le lieu de l’Alliance avec Dieu. Faire Alliance, c’est faire confiance. Et il est donc inévitablement aussi le lieu de la tentation. Car la tentation, la vraie, celle que Jésus a affrontée au désert, ce n’est pas la caricature que nous faisons souvent : le pot de confiture ou le trou de la serrure… La tentation fondamentale, c’est la perte de la confiance, c’est la peur de vivre, c’est le repli méfiant de celui qui voudrait se sauver lui-même, qui refuserait de se livrer à la vie.

Alors oui, que notre carême soit comme un désert traversé, une tentation vaincue, une vie nouvelle accueillie !

Pierre Alain Lejeune

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