431 - La place de Dieu

Par quelle malheureuse amnésie la fête de Noël s’est-elle peu à peu déplacée de l’autel vers la salle à manger et de la crèche vers le sapin ? Pourquoi Dieu est-il constamment repoussé à la périphérie de nos vies ? Voilà la question…

L'Édito du 22 décembre 2019

            A l’heure où les familles se retrouvent pour les fêtes, les débats vont bon train dans les chaumières : à quelle heure irons-nous à la messe de Noël ? Car il faut tout organiser au mieux en tenant compte du dîner, des enfants, de l’inamovible rituel des cadeaux, des huîtres à ouvrir et de la cuisson de la dinde. Il y a des choses qui comptent dans la vie ! Si bien que la messe, bien souvent, devient la variable d’ajustement que l’on cale ici ou là en fonction des impératifs de chacun.

            Pour apporter ma contribution à ce débat qui revient chaque année dans les familles, je vous invite simplement à vous poser une question : que fêtons-nous à Noël ? Qui y a-t-il au centre de notre fête ? En fonction de quelle priorité devons-nous décider de tout le reste et non pas l’inverse ?

            Je sais bien que beaucoup parmi vous doivent négocier pied à pied avec des familles qui ne fréquentent plus nos assemblées et pour lesquelles la messe n’a pas grand sens ; je sais bien que pour les croyants fervents et les pratiquants réguliers, ce débat est souvent douloureux. Mais il est essentiel de comprendre ce qui se joue derrière ces délibérations familiales.

            Autrefois, la soirée du 24 décembre était consacrée à la veillée de Noël et ce n’est que le 25 à midi que commençait le grand repas de fête. Par quelle malheureuse amnésie la fête de Noël s’est-elle peu à peu déplacée de l’autel vers la salle à manger et de la crèche vers le sapin ? Pourquoi Dieu est-il constamment repoussé à la périphérie de nos vies ? Voilà la question…

            Nous savons tous que si Jésus est né dans une étable, c’est parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans la salle commune. Dès le commencement, cet enfant est le sans place ; dès le départ cet enfant est une question adressée à chacun : me feras-tu de la place dans ta vie ? Tant que Dieu n’est que celui auquel nous accordons quelques instants lorsque nous avons fait tout le reste, tant qu’il est maintenu dans la catégorie des intérêts secondaires, cela ne changera rien à nos vies et toute pratique religieuse sera vécue sous le mode de la contrainte ennuyeuse.

            Mais pour ceux qui ont placé Dieu au centre, il devient la lumière qui illumine tout le reste. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison (Mt 5,15). Quelle que soit l’issue des débats, je vous souhaite de vivre une fête de Noël illuminée par Celui qui vient.

P. Pierre Alain LEJEUNE

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