434 - Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Nous sommes appelés à être un peuple qui vit et qui partage la joie de l’Évangile, qui loue le Seigneur et sert les frères, avec l’âme qui brûle du désir d’ouvrir des horizons de bonté et de beauté inouïs à qui n’a pas encore eu la grâce de connaître vraiment Jésus.

L'Édito du 19 janvier 2020
Œcuménisme et Mission
 
          Chers frères et sœurs, nous sommes les bénéficiaires de la foi, de la charité et de l’espérance de tous ceux qui, avec la force sans défense de l’Évangile, ont eu le courage d’inverser le cours de l’histoire, de cette histoire qui nous avait porté à nous méfier les uns des autres et à nous mettre à l’écart réciproquement, favorisant la spirale diabolique des cloisonnements continuels. Grâce à l’Esprit Saint, inspirateur et guide de l’œcuménisme, la direction a changé et une voie aussi nouvelle qu’ancienne a été tracée d’une façon indélébile : la voie de la communion réconciliée, vers la manifestation visible de cette fraternité qui unit déjà les croyants. (…)
 
          Permettez-moi, chers frères et sœurs, de vous exprimer, outre mon vif remerciement pour l’engagement que vous déployez pour l’unité, aussi une préoccupation. Elle dérive de l’impression qu’œcuménisme et mission ne sont plus aussi étroitement liés qu’à l’origine. Pourtant le mandat missionnaire, qui est plus que la diakonia et la promotion du développement humain, ne peut être oublié ni évacué. Il en va de notre identité. L’annonce de l’Évangile jusqu’aux extrêmes confins est connaturelle à notre être chrétien. Certainement, la manière d’exercer la mission varie selon les temps et les lieux et, devant la tentation, malheureusement récurrente, de s’imposer selon des logiques mondaines, il faut rappeler que l’Église du Christ grandit par attraction. Mais en quoi consiste cette force d’attraction ?
 
          Certainement pas dans nos idées, stratégies ou programmes : on ne croit pas à Jésus Christ au moyen de l’obtention de consensus et le Peuple de Dieu n’est pas réductible au rang d’une organisation non gouvernementale. Non, la force d’attraction est toute dans ce don sublime qui a conquis l’Apôtre Paul : « Connaître [le Christ], éprouver la puissance de sa résurrection et communier aux souffrances de sa Passion » (Ph 3,10). C’est le trésor que nous, fragiles vases d’argile (cf. v. 7), nous devons offrir à ce monde aimé et tourmenté. Nous ne serions pas fidèles à la mission qui nous est confiée si nous réduisions ce trésor à la valeur d’un humanisme purement immanent, adaptable aux modes du moment. Et nous serions de mauvais gardiens si nous voulions seulement le préserver, en l’enterrant par peur d’être provoqués par les défis du monde (cf. Mt 25,25). Ce dont nous avons véritablement besoin, c’est d’un nouvel élan évangélisateur. Nous sommes appelés à être un peuple qui vit et qui partage la joie de l’Évangile, qui loue le Seigneur et sert les frères, avec l’âme qui brûle du désir d’ouvrir des horizons de bonté et de beauté inouïs à qui n’a pas encore eu la grâce de connaître vraiment Jésus. Je suis convaincu que, si le souffle missionnaire grandit, l’unité entre nous grandira aussi.
 

Pape François,

Discours au Conseil Œcuménique des Églises,

28 juin 2018 (extraits)

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