437 - Fraternité

« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que le monde saura que vous êtes mes disciples » Jean 13,35

L'Édito du 9 février 2020

          La Fraternité, c’est l’enfant pauvre de notre devise républicaine. Car si ses deux grandes sœurs - « liberté » et « égalité » - se retrouvent dans les revendications de toutes les manifestations, il est beaucoup plus rare en revanche d’entendre une foule réclamer plus de « fraternité ».

          Or il se trouve que cet enfant quelque peu abandonné, est l’autre nom du Royaume annoncé par Jésus : l’amour fraternel est ce lien, cette communion que Dieu crée entre nous lorsque nous le livrons à son action ; ce qui naît et grandit entre nous lorsque nous nous reconnaissons frères et sœurs, enfants d’un même Père.

          Si le Pape François nous appelle à replacer la vie fraternelle au centre de la vie de l’Église, si le synode diocésain l’a inscrite comme une proposition phare pour toutes les paroisses de notre diocèse, si notre nouvel évêque nous en parle avec tant d’ardeur, ce n’est sans doute pas pour rien… C’est qu’ils perçoivent qu’il y a là un enjeu d’avenir décisif pour l’Église ! Une vie chrétienne sans fraternité concrètement vécue n’a pas d’avenir et tourne vite à la mondanité ou au ritualisme. Car l’Église, ce n’est pas d’abord des structures, des organisations, des responsabilités mais c’est un corps : un corps fait de chair et d’esprit, un corps fait de relations.

          Jésus ne nous demande pas d’être tous amis ; mais il nous demande de vivre en frères et sœurs. La différence est de taille ! Les amis, on les choisit ; les frères et les sœurs, on les reçoit. Bien sûr une fratrie est souvent lieu de chamailleries et de conflits en tous genres. Il ne faut ni s’en étonner, ni s’en inquiéter ; dès les premières pages de la Bible, il est question de frères qui se disputent. Mais c’est précisément en ces lieux de fracture, au cœur de la complexité humaine que Dieu nous rejoint et nous appelle à un lien renouvelé par sa présence.

          Dans nos paroisses des Jalles, de petites fraternités de quartier sont nées il y a un peu plus d’un an. Une fois par mois, ces équipes de 8 à 10 personnes se rassemblent pour un temps de partage autour d’un repas et de l’Évangile. Elles sont aujourd’hui au nombre de huit mais je souhaite vivement qu’elles se multiplient. Car il ne s’agit pas d’une activité paroissiale comme les autres. Il ne s’agit pas d’une activité optionnelle, mais ces équipes fraternelles sont le tissu de notre vie ecclésiale. Sans fraternité concrètement vécue, notre paroisse n’existe pas et je crois que nous devrions tous appartenir à une équipe fraternelle de quartier. Celles et ceux d’entre vous qui voudraient se lancer à quelques-uns pour constituer une nouvelle fraternité de quartier peuvent contacter Catherine Voisin (coordonnées disponibles en appelant à l'accueil de la maison paroissiale)

 

          « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que le monde saura que vous êtes mes disciples » Jean 13,35

Père Pierre-Alain Lejeune

 

Source photo : La Vie

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+