484 - Le meilleur est toujours à venir

Je nous souhaite de bannir le regret, l'amertume et la peur pour nous ouvrir à l'espérance, la confiance et la joie.

L'édito du dimanche 10 janvier 2021

      Cette année, l’échange des vœux est un exercice périlleux. En ces temps incertains et au moment où chacun cherche les mots les plus ajustés, je voudrais nous souhaiter à tous une bonne année à la lumière de la foi qui nous anime.

        En temps de crise, nous avons toujours comme premier réflexe de souhaiter que tout redevienne comme avant… Cela nous rassure de nous accrocher à l’espoir de retrouver ce que nous avons perdu. Mais notre monde ne traverse pas seulement une crise passagère ; notre monde vit une profonde mutation et nous ne retrouverons pas le monde d’avant. Bien entendu, il faut tout faire pour rétablir une vie sociale normale et nous devons œuvrer pour que cela se fasse au plus vite. Mais le mythe du paradis perdu qu’il faudrait retrouver est une illusion ; une crise ne peut être réellement traversée qu’en acceptant de ne pas savoir à l’avance ce qu’il adviendra, en acceptant l’inconnu.  

      Dans le désert du Sinaï, le peuple hébreu fut continuellement tenté par le regret de l’Egypte où il y avait à boire et à manger. Devant la peur de l’inconnu, confrontés à la soif et à la faim, les hébreux regrettent le temps d’avant, la terre d’Egypte où, certes ils étaient esclaves, mais n’avaient pas à supporter le manque. Cette histoire biblique est l’histoire de toute vie. Une fois franchie la Mer Rouge, on ne revient jamais en arrière ; une fois nés, on ne revient jamais au sein maternel et si cette tentation parfois nous saisit, nous savons que la vie est devant. Toujours devant… Même lorsque nous vivrons notre dernier souffle sur cette terre, notre foi nous poussera à dire : la vie est encore à venir !

       Notre foi chrétienne nous offre un trésor d’images et de mots pour affronter aussi bien les crises personnelles que nous pouvons connaître au cours de notre existence, que les grandes mutations que traverse notre monde. Et puisqu’en ce dimanche nous célébrons le baptême de Jésus, rappelons-nous que notre baptême a inauguré pour nous une nouvelle vie. Le passage dans l’eau du baptême – que préfigurait le passage de la Mer Rouge - marque la fin de l’homme ancien qui est en nous et la naissance de l’homme nouveau, le commencement d’une aventure nouvelle, pleine d’inconnu et de promesse. Une aventure comme une grande marche au désert où il nous faut affronter la peur, le manque, le risque. La vie est du côté de cet affrontement et non dans le retour en arrière. La vie chrétienne est un grand pèlerinage vers une terre promise, vers une vie nouvelle.

      Cette année 2021 nourrit toutes sortes d’inquiétudes et de peurs. Mais je nous souhaite de vivre cette année en paroisse avec toute l’énergie de notre foi en Jésus mort et ressuscité ; je nous souhaite de bannir le regret, l’amertume et la peur pour nous ouvrir à l’espérance, la confiance et la joie. Je nous souhaite de pouvoir redire à chaque instant, même et surtout aux heures les plus sombres, que le meilleur est encore à venir. Bonne année !

P. Pierre-Alain Lejeune

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