498 - « La paix soit avec vous »

Nous pouvons entendre cette salutation au moins de deux manières.

L'édito du dimanche 18 avril 2021

C’est par ces mots que Jésus ressuscité salue ses disciples. Déjà nous l’entendions dans l’Évangile selon Saint Jean la semaine dernière. Et ce dimanche à nouveau, sous la plume de Saint Luc : « La paix soit avec vous ». Nous pouvons entendre cette salutation au moins de deux manières.

La première : Jésus fait la paix avec ses disciples. Il faut imaginer quelle terrible culpabilité doit assaillir leur esprit. La lâcheté dont ils ont fait preuve trois jours plus tôt ! Quoi de plus terrible que voir un ami mourir sans avoir pu lui demander pardon ? Pardon de l’avoir abandonné. Non, décidément les disciples n’ont pas le cœur en paix.

Et voilà que Jésus les aborde avec ces mots. Certes, il aurait été en droit de leur demander des comptes : « Où étiez-vous vendredi ? Qui m’a défendu ? Et toi Simon, tu prétendais me suivre à la vie à la mort ? Pas un de vous ne m’a soutenu. ». Au lieu de cela, ces quelques mots : « La paix soit avec vous ». La paix comme un préalable à toute autre parole. La paix comme la fondation sur laquelle il est possible de construire un pardon.

Il me semble que c’est ainsi que Dieu procède avec nous. Non pas la remontrance, l’index levé ou le sourcil qui fronce… Mais la paix d’abord et avant tout. La paix sur nos blessures. C’est avec sa paix que Dieu fait irruption dans nos enfermements et c’est ainsi qu’il nous accueillera un jour, je le crois.

Mais il est une autre manière d’entendre ces mots. En considérant simplement qu’ils sont la traduction littérale de « Shalom alehem » dans la langue de Jésus. Ces mots en hébreu sont la manière la plus habituelle et la plus simple de se dire « bonjour ». En fait, cette salutation de Jésus peut aussi être entendue comme un simple « bonjour ». L’extraordinaire d’une rencontre à travers le plus ordinaire des mots.

Dans notre imaginaire, le monde de Dieu paraît extraordinairement étranger et inaudible ; nous nous faisons des montagnes de ce que doit être le face à face avec Lui. Mais en Jésus, Dieu s’est fait l’un de nous ; le Verbe éternel s’est fait chair et il se dit avec les mots de notre quotidien ; et il se donne dans les choses les plus simples : un peu de pain et de vin.

Je crois qu’au soir de ma vie, lorsque Dieu m’appellera du fond de ma misère et du fond de ma mort, lorsque nu et les mains vides je m’avancerai vers lui, je crois qu’il me dira, dans ma langue maternelle, ce simple mot : « bonjour ». Et je sais qu’alors je reconnaîtrai sa voix. Et je sais qu’il m’accueillera dans sa paix.

Jésus est ressuscité et le plus ordinaire de notre vie en est transformé !

Père Pierre Alain Lejeune

Crédit Photo : Jésus Aujourd'hui

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