499 - Chacun par son nom

A quoi donc m’appelles-tu Seigneur ? Sur quel chemin singulier ?

L'édito du dimanche 25 avril 2021

Dans l’Évangile dit « du bon pasteur », Jésus se présente comme le berger du troupeau. Ce dimanche, nous en écoutons seulement quelques versets (Jean 10,11-18) mais il faudrait relire l’ensemble depuis le début du chapitre 10. Le bon berger connaît ses brebis et « il les appelle chacune par son nom » (Jn 10,3). Ces quelques mots sont d’une importance capitale. Sans cela, l’image du troupeau pourrait être trompeuse et bien peu élogieuse pour nous… Car « troupeau » nous fait toujours penser aux moutons de Panurge ; le troupeau comme un grand tout indifférencié ou chacun est noyé dans l’ensemble et ne fait que suivre un chemin qu’il n’a pas choisi.

Or le berger appelle chaque brebis par son nom. Il me semble que cette précision pourrait porter notre prière durant cette semaine au cours de laquelle l’Église entière est invitée à prier pour que chacun de nous découvre sa vocation. Je dis bien « chacun de nous » ; car la vocation n’est pas réservée à quelques spécialistes - prêtres ou religieux - et elle n’est pas non plus limitée à un âge de la vie - la période des grands engagements - comme si nous pouvions estimer avoir réglé la question une fois pour toutes.

Car si le Christ Jésus, notre pasteur, appelle chacun de nous par son nom, c’est qu’il a quelque chose à dire à chacun, personnellement ; un chemin sur lequel nous appeler, qui que nous soyons et à chaque instant de notre vie. Certes au jour de notre baptême, il nous a appelés une fois pour toutes : appelés à partager sa vie en plénitude. C’est notre vocation baptismale : partager la vie de Dieu.

Mais son appel ne s’arrête pas là et il continue d’appeler chacun sur un chemin particulier, selon une manière singulière de vivre l’Évangile. Pour lui, il n’y a pas deux brebis qui se ressemblent. Une mère peut-elle confondre ses enfants ? Dieu connaît chacun de nous d’une manière unique : quelle joie de nous savoir aimés d’un si grand amour !

Je vous invite cette semaine à prêter l’oreille à la voix du berger qui appelle. « A quoi donc m’appelles-tu Seigneur ? Sur quel chemin singulier ? » Et je vous invite aussi à vous méfier de la tentation qui vient souvent se loger dans cette question : car nous pensons toujours que répondre à l’appel de Dieu consiste à « faire » des choses alors que Dieu nous appelle essentiellement à « être » quelqu’un…

Il est essentiel à mes yeux que, dans une paroisse, chacun se reconnaisse appelé. Vous savez d’ailleurs le mot Église signifie : « l’assemblée des appelés ». Certains sont appelés à des ministères et des tâches précises : prêtres, diacres, chantres, lecteurs, accueil, catéchèse et jusqu’aux plus humbles missions… Mais tous, au-delà de ce que nous pouvons faire et quel que soit notre âge, nous sommes appelés d’une manière unique à devenir celui que nous devons être, unique aux yeux de Dieu. Il appelle chacun de nous : écoutons-le !

Père Pierre Alain Lejeune

Crédit Photo : Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

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