520 - Le corps de l’Église, c’est le peuple de Dieu

C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples.

(Jean 13,35)

L'édito du dimanche 19 septembre 2021

          Lundi dernier, en écoutant le témoignage de Gérald Vogin, prêtre missionnaire au Cambodge, nous avons vécu une bien belle soirée. L’Église naissante ou renaissante dans un pays où elle a été durement persécutée, nous éclaire sur notre manière de vivre en Église ici en France et plus précisément dans nos paroisses des Jalles.

          Gérald nous racontait comment des communautés chrétiennes naissent parfois très humblement à partir d’une seule personne, puis de quelques-unes, qui peu à peu deviennent une communauté chrétienne dans un village. C’est cela le corps de l’Église : des liens de fraternité, une communion en Jésus Christ qui se vit concrètement et très simplement. Et c’est la fraternité vécue par quelques-uns qui constitue le meilleur témoignage : « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jean 13,35).

          Quoi que l’on en dise, dans notre Occident qui depuis des siècles a compté un nombre incalculable de prêtres et de religieux, nous avons encore tendance à considérer que l’Église, ce sont d’abord quelques professionnels autour desquels viennent s’agréger des personnes ; c’est à dire que nous voyons l’institution avant de voir le corps ; c’est à dire que nous pensons plus ou moins consciemment que le centre de l’Église ça serait le pasteur, prêtre ou évêque. Or le centre de l’Église, ce n’est pas le prêtre, c’est le peuple ! Et c’est un non-sens de faire grandir la structure paroissiale ou de développer l’institution ecclésiale si le corps reste atrophié.

          Le corps réel de l’Église, c’est sa base, c’est chaque baptisé et les liens qui le relient aux autres. L’insistance que nous mettons depuis 3 ans sur les Fraternités de Quartier va dans ce sens. C’est par la base, par des petites cellules fraternelles que l’Église renaîtra et se relèvera en France comme ailleurs, sous une forme sans doute beaucoup plus humble que par le passé.

          Je crois qu’il est temps maintenant que chacun de nous se questionne sur ce point : à quelle Fraternité suis-je relié ? Quel est le lien - en dehors de la célébration dominicale - où je vis concrètement mon appartenance à l’Église ? Rejoindre une Fraternité de Quartier, ce n’est pas prendre un engagement de plus ; c’est ce que nous devrions tous faire car c’est là que se vérifie concrètement la communion que nous recevons dans l’eucharistie.

            Là où existent de petites communautés d’hommes et de femmes vivant concrètement la fraternité, l’Église est féconde et engendre de nouveaux frères et sœurs ; à l’inverse, quand l’Église n’est plus ce tissu de fraternité, quand la vie chrétienne se réduit à une pratique sociale, elle devient stérile. Notre secteur compte à ce jour 10 Fraternités de Quartier auxquelles il faut ajouter une dizaine d’autres équipes qui jouent le même rôle. Nous pourrions en compter au moins trois fois plus ! Pour créer ou rejoindre une Fraternité, il suffit de contacter le secrétariat paroissial…

Pierre Alain Lejeune

Crédit photo : Diocèse d'Annecy

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