339 - Le changement, c'est ensemble !

La pastorale en terme missionnaire exige d'abandonner le confortable critère pastoral du ‘ on a toujours fait ainsi ».

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Le projet de renouveau pastoral que j'ai annoncé en janvier suscite dans notre secteur de nombreuses réactions ; parfois enthousiastes, parfois inquiètes. Je voudrais continuer à préciser ce que j'entends par « renouveau pastoral ». Notre synode diocésain sur la mission touche à son terme ; le texte définitif qui nous sera remis à la Pentecôte est une invitation à renouveler notre élan missionnaire. Le renouveau auquel je vous invite se veut dans la continuité de ce Synode.

 

                J'ai proposé que dans notre secteur, toutes celles et ceux qui accomplissent un service « remettent leur tablier » au mois de juin afin de repartir en septembre avec un cadre nouveau : désormais, chaque mission sera confiée pour une période de trois ans renouvelable (comme c'est la règle pour les services diocésains). En janvier, j'ai expliqué en quoi des missions limitées dans le temps me semblaient préférables. C'est un nouveau mode de fonctionnement que j'entends proposer. Mais changer un système, ce n'est absolument pas remettre en question les personnes. Notre secteur a besoin de l’engagement de tous et il n'est pas question de laisser quiconque sur le bord du chemin… Certains changeront de « tablier », d'autres non, mais nous avons besoin des charismes et de l'engagement de tous ! Je l'ai dit, je le redis et je le redirai : je suis plein d'admiration pour le dynamisme que j'ai découvert en arrivant dans notre secteur des Jalles. Nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli depuis de nombreuses années !

 

                Alors pourquoi demander à chacun de « remettre son tablier » ? Essentiellement pour deux raisons :

                - La première c'est qu'il me semble important de manifester symboliquement que nul n'est propriétaire de la mission qu'il reçoit. Cette mission nous est confiée et nous devons veiller à ne jamais nous l'approprier. Cela est vrai de chacun de nous, moi compris. Remettre son tablier à une échéance précise, c'est garder cette posture du serviteur, et c'est aussi pouvoir s'engager en toute liberté d'esprit sans avoir à se soucier de sa propre succession.

                - L'autre raison est que lorsque des personnes assurent le même service depuis de très nombreuses années - et même si elles le font très bien, ce qui est le cas, je trouve, dans nos paroisses - on perd inévitablement en créativité et en dynamisme. Changer de service régulièrement, recevoir un « nouveau tablier » peut apporter un nouvel élan à notre mission commune comme à chacune de nos vies.

 

                Le changement, quel qu'il soit, est toujours source d'inquiétude. Il est important que les craintes ressenties puissent s'exprimer et depuis deux mois je passe beaucoup de temps à rencontrer les uns et les autres car il est bien clair qu'aucun changement de service ne se fera sans dialogue. Mon souhait est que chacun et chacune trouve sa place et que la mission en soit vitalisée. J'ai bon espoir qu'une Equipe d'Animation Pastorale puisse être nommée à la rentrée 2018. C'est avec elle que nous poursuivrons ce grand chantier. Mais dans l'attente de cette équipe – qui, j'en suis sûr, remplira ce rôle d'écoute et d'accompagnement - je vous encourage à solliciter nos diacres permanents, Philippe et Cyrille, ainsi qu'Eric Avril et Géry Lefebvre ; ils peuvent pleinement remplir ce rôle d'écoute et de dialogue.

 

                Ce week-end, avec une vingtaine d'entre vous, nous participons à une session de « dynamique pastorale » à Dax ; nous y rejoignons environ 700 paroissiens du Sud-Ouest. L'objectif est de nous mobiliser à plusieurs autour d'un projet d'avenir pour notre secteur. N'ayons pas peur de faire des rêves d'avenir pour nos paroisses des Jalles et nous trouverons les moyens de les réaliser, d'ouvrir de nouveaux chemins pour rejoindre celles et ceux qui ne connaissent pas encore Jésus ressuscité ! La vitalité de notre Eglise dépend de sa capacité à se projeter dans l'avenir avec joie et confiance ! Au cours de sa longue histoire, c'est toujours lorsque l’Eglise a osé le changement qu'il en a résulté un surcroit de vie et de fécondité.

 

            « La pastorale en terme missionnaire exige d'abandonner le confortable critère pastoral du ‘ on a toujours fait ainsi ». J'invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir, de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés .’ » Pape François, La joie de l'Evangile, § 33

Pierre Alain Lejeune

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