378 - Que devons-nous faire ?

Tous nos dirigeants depuis des décennies se sont faits élire sur la même promesse qui n'est que mensonge : l'augmentation du pouvoir d'achat

Edito du 16 décembre 2018

Que devons-nous faire ? 

     C’est la question que posent les foules à Jean Baptiste. C’est l’éternelle question qui ressurgit dès que l’homme se sent en difficulté. C’est la question que nous nous posons lorsque nous découvrons un squat de réfugiés à deux pas de chez nous. C’est la question qui s’impose devant la crise sociale majeure que traverse notre pays. Il est clair que les violences de ces derniers jours ne sont que la conséquence d’une autre violence, une violence sociale subie depuis trop longtemps par les plus pauvres dans notre pays. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

     Que devons-nous faire ? Bien malin qui trouvera la bonne réponse, mais ce qui est certain, c’est que des rallonges salariales et des réajustements fiscaux n’y feront rien. Car la crise n’est pas conjoncturelle ; c’est un modèle de société qui est à revoir entièrement. Notre sacro-sainte « croissance économique » érigée en véritable religion, ne voit l’être humain que comme un consommateur insatiable. Ce système s'auto entretient en stimulant sans cesse le consommateur, tel un rat de laboratoire, dans ce qu’il a de plus vil : le désir compulsif d’avoir, la convoitise, l’appétit de puissance. Cette pente naturelle à laquelle il est si difficile et pourtant si noble de résister.

     La télévision est, à ce titre, une bonne illustration de cette perversion généralisée. Pour que ça rapporte, il suffit de montrer aux gens ce qu’ils veulent voir : du sexe, de la violence, de la bêtise. Terrible nivellement par le bas… Et tout cela au nom de la liberté d'expression ! En réalité, il s'agit du pire esclavage que l'on puisse imaginer.

      Voilà des décennies que nous sommes nourris au biberon de la publicité et du « consommer toujours plus » ; tous nos dirigeants depuis des années, se sont fait élire sur la même promesse qui n’est que mensonge : l’augmentation du pouvoir d’achat. Avons-nous donc perdu tout autre idéal ?  Or, tout le monde sait que nous ne pourrons pas lutter contre le péril écologique sans consentir à consommer moins, à gagner moins, à partager plus.  

      Que devons-nous faire ? Pour bâtir ensemble un autre avenir, l’Évangile est d’une immense ressource car il nous ramène à ce qu’il y a de grand en l’homme : cette capacité de résistance à l’instinct primaire ; cette vocation de l’homme à se dépasser, à se détacher de lui-même pour se tourner vers l’autre, pour donner sa vie, pour aimer. L’Évangile nous tire vers le haut. C’est à cette Parole qu’il est urgent de prêter l’oreille. Que cette fête de Noël soit, plus que jamais, celle de l’écoute, du partage, de la sobriété et de la joie retrouvée !

P. Pierre Alain LEJEUNE

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