Un peu de cendre sur nos fronts

Quarante jours pour changer nos cœurs

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Cette semaine nous entrons en carême. Quarante jours pour changer nos cœurs, pour traverser le désert et, au bout du chemin, nous laisser illuminer par le Ressuscité. Mercredi prochain, nos fronts seront marqués de cendre. Cette cendre est le signe de la poussière dont nous sommes tirés : comme une invitation à l'humilité.

 

Mais ces cendres sont aussi symbole de tout ce qui doit brûler en nous, ce qui doit se consumer au feu de Dieu. Dans sa première épitre, Saint Pierre parle de la foi comme de l’or que l’on éprouve par le feu (cf. 1 P 1,7). Pour purifier le précieux métal, il convient de le chauffer à très haute température ; l’or ne se consume pas, ce ne sont que les impuretés qui sont ainsi brûlées. De même, dans ma vie, pour affiner l’être précieux que je suis, il me faut consentir à ce travail éprouvant du feu en moi. C’est l’homme ancien dont parle Saint Paul qui doit disparaître afin qu’advienne en moi l’homme nouveau.

 

Mais je propose cette année, de donner à notre carême une orientation particulière. En effet, ce carême débute alors que nous venons d'entrer dans un processus de renouveau pastoral. Aussi pourrions-nous donner à ce chemin vers Pâques une touche plus communautaire, plus ecclésiale. Un carême plus tourné vers l'avenir de notre vie paroissiale et de notre mission. Un carême comme l’aventure d’un peuple qui veut faire route ensemble et qui veut ensemble se laisser rénover. La vie paroissiale doit être animée de cette conviction : le Royaume de Dieu, nous y parviendrons tous ensemble ou nous n'y parviendrons jamais… La mission que Jésus nous confie, nous l'assumerons ensemble ou pas du tout.

 

Mais pour nous ouvrir à un avenir paroissial nouveau, encore faut-il se risquer à un acte de confiance dans l’inconnu. Dieu peut faire du neuf à la seule condition que nous acceptions de nous livrer à son action, à ce vaste chantier qu'il ambitionne de lancer en chacun de nos cœurs. C'est ce qu'on appelle la « conversion ». Notre aventure commune dépend de la conversion de chacun de nous. Il y a bien des choses à brûler en nous, bien des peurs à lâcher, bien des résistances à vaincre. De tout cela, si nous le voulons bien, il ne restera qu'un peu de cendre sur nos fronts…

Pierre-Alain LEJEUNE

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